Accès rapide :

Ambassadeur « tuteur »

Didier Le Bret - Quai d’Orsay, Paris, France - 11 mars 2015

Partager

Partager

Sur le papier, Isabelle X., 26 ans, a un parcours exemplaire : une mention bien au BAC ; anglais, espagnol courants ; un double Master de relations internationales et de droit ; de nombreux stages en France ; deux ans de terrain en Haïti pour une ONG de développement.

Sa passion : la géopolitique ; son rêve : la diplomatie. Sa crainte : Pôle Emploi. Isabelle est venue me voir, sur recommandation, presque étonnée d’être reçue, gênée. Nous avons passé une bonne heure à revisiter son parcours, ses démarches, ses attentes. A confronter aussi les différentes options : les concours, les filières (ONU, Union européenne…), le privé, les ONG, les centres de recherche…Elle m’a également parlé d’elle : ses voyages, sa famille. Nous avons convenu de nous revoir au bout d’un mois. Entre temps, nous avons revu ensemble lettres de motivation et CV. Comme je m’y étais engagé, j’ai passé quelques coups de fil. Les semaines passent. Des portes s’ouvrent pour plusieurs entretiens. Plus déterminée que jamais, après un entretien téléphonique éprouvant, Isabelle décroche finalement le Graal : un premier contrat de « Jeune Expert Associé » aux Nations Unies.

En février dernier, comme chaque année, le Quai d’Orsay a ouvert ses portes au grand-public.

Dans l’ancienne imprimerie nationale rue de la Convention, ce sont près de 4500 visiteurs qui ont fait le déplacement pour rencontrer en chair et en os des diplomates. Dans une salle bondée, surchauffée, des étudiants debout, assis, dans les travées, calepins sur les genoux, m’ont religieusement écouté leur parler de diplomatie de crise. Mais l’essentiel était ailleurs. A la fin de la conférence et de nos échanges, ils ont sagement fait la queue pour prendre mes coordonnées et me demander comment faire un stage au Centre de crise. Tous. Sans exception. Diplomatie de crise sans doute, mais aussi diplomatie de la crise.

Cette expérience m’inspire deux réflexions et une proposition :

  • la première, c’est qu’il y a sans doute trop de postulants pour trop peu d’emplois : sur les quelques 1,5 millions d’étudiants dans nos universités un bon tiers fait le choix des sciences humaines, et parmi eux, mes jeunes postulants stagiaires : ont-ils été bien orientés ?
  • la seconde, c’est qu’en prenant le temps de l’accompagnement, de l’écoute, du soutien personnalisé, de préférence dans la durée, les chances de nos diplômés stagiaires de trouver un premier emploi augmentent considérablement ;
  • la proposition enfin : que chaque haut fonctionnaire, cadre d’administration centrale, préfet, ambassadeur, parraine un groupe d’étudiants en Master, pour leur prodiguer conseils et soutien. C’est finalement peu de choses, mais puisque ça marche, pourquoi s’en priver ?

NB : si ce post vous a plu, venez découvrir d’autres propositions citoyennes sur http://poliscite.com/

Partager

Partager

3865 vues


Mot-clé :

Publier un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message


MENTIONS LÉGALES & INFOS PRATIQUES

Tous droits réservés - Ministère des Affaires étrangères et du Développement international - 2017