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COP 21 : Défi collectif et aventure singulière

Pierre Henri Guignard - Secrétariat général de la COP 21, Paris - date fmt jour mois annee

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La diplomatie française connait depuis des années une profonde période de mutation. Prenez mes responsabilités actuelles : je peux vous citer trois illustrations de cette évolution.

Diversité et parité

Première illustration : les équipes engagées dans la préparation de la COP 21 (la conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques), qu’il s’agisse du groupe de négociateurs rassemblés autour de l’ambassadrice Laurence Tubiana ou du secrétariat général à ma charge, sont paritaires et composées de représentants de plusieurs ministères – pas seulement les Affaires étrangères mais aussi l’Ecologie ou l’Agriculture.

D’accord, ce n’est pas à proprement parler une nouveauté mais c’est le triomphe d’une évidence : tous les talents doivent être mobilisés autour de notre objectif et de la recherche du résultat. A la "culture maison" a succédé un "multiculturalisme administratif". Notre force, c’est cette diversité d’origines, ministérielles notamment, et ce respect de la parité, qui reflètent la modernisation de l’administration.

Transparence et ouverture aux médias…

Deuxième illustration : une journaliste "embarquée" suit nos travaux depuis le premier jour. Elle participe comme elle le souhaite à nos réunions, à nos missions. Elle a accès à nos contacts et très largement à nos réflexions. En toute liberté, elle tire de cette proximité matière à des articles sur le processus de préparation de la COP21 et sur l’"humanisation" des négociations.

Alors que la diplomatie a sciemment préservé une part d’ombre - toujours indispensable, au demeurant, -, cette exposition « de l’intérieur » est l’affirmation d’une plus grande assurance de l’État, et de la prise en compte par ses responsables d’une transparence nécessaire.

Dans le même ordre d’idée la possibilité, pour un agent de l’Etat, d’exprimer ses opinions sur les réseaux sociaux - inimaginable il y a quelques années encore - est un témoignage supplémentaire de l’ouverture de l’État aux autres secteurs de la vie démocratique.

Cette liberté d’expression (certes conditionnelle...) ne retire rien à la gravité fondatrice de la parole politique des responsables parlant au nom du gouvernement. Elle est au contraire la marque d’un engagement personnel et citoyen qui responsabilise le fonctionnaire et démystifie l’État, sans oublier que cela valorise aussi son action au service de l’intérêt général.

… et à la société civile

Troisième illustration, enfin : la conférence que nous préparons associera largement, dans toute sa diversité, la société civile. La participation traditionnelle des acteurs non gouvernementaux est certes privilégiée depuis longtemps par le système onusien, mais elle a été assumée pleinement, souhaitée même, par le Comité de pilotage ministériel mis en place pour préparer la conférence. Ce comité de pilotage comprend d’ailleurs aussi des membres de la société civile, des scientifiques indépendants, garants de l’adéquation entre les constats des chercheurs et les objectifs des politiques.

Cette conférence réunira près de 22 000 participants, dont nombre de représentants des secteurs non étatiques. Autour d’eux, autant de citoyens concernés du monde entier, militants, représentants engagés, viendront suivre l’évolution de la négociation (cette dernière restant, in fine, la responsabilité souveraine des représentants des États).

Pour ces citoyens, les travaux en plénière seront intégralement retransmis hors les murs - c’est à dire au monde entier via internet - en même temps que dans les espaces réservés à la société civile dans les salles adjacentes.

Ainsi, les États associeront de fait à la négociation celles et ceux qui subissent les effets des dérèglements climatiques, qui ont largement contribué, au cours des vingt dernières années, à faire émerger le sujet dans l’espace public et qui, demain, bénéficieront des solutions agréées par les délégués réunis autour de la table, voire les mettront en œuvre.

Cette proximité et cette ouverture traduisent une évolution notable du multilatéralisme et, ce faisant, elles accompagnent l’avènement d’une diplomatie de plus en plus participative.

Diversité des engagements, transparence et multilatéralisme participatif : autant de piliers d’une nouvelle forme de diplomatie en phase avec notre temps. Participer à son émergence tout en relevant l’un des grands défis du siècle, la lutte contre le dérèglement climatique, représente tout à la fois un formidable défi collectif et une aventure singulière.

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