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Diplomatie et réseaux sociaux : oxymore ou tautologie ?

- 11 تشرين الأول (أكتوبر) 2017

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La montée en puissance du rôle des réseaux sociaux dans tous les domaines de la diplomatie moderne suscite au Quai d’Orsay autant de doutes que d’attentes.

Comment faisait-on avant ?
Au début des années 90, alors que je terminais mes études, l’apparition des premiers téléphones portables divisa rapidement la France en deux camps. D’un côté, les partisans de ce nouveau moyen de communication se félicitaient de la possibilité qu’il offrait d’être joint à tout moment. De l’autre, les opposants dénonçaient cette même caractéristique pour en souligner l’impact négatif sur notre mode de vie. Je dois l’avouer, je fus d’abord dans le camp des seconds, considérant cette nouvelle intrusion comme un effet de mode, avant de basculer définitivement dans celui des premiers.
Bien m’en a pris car, vingt ans plus tard, il faut bien le reconnaître, la victoire du premier camp sur le second a été écrasante. On ne parle plus de mode passagère mais de mode de vie généralisé, à tel point que mes enfants me demandent comment on faisait au Moyen-Age pour vivre sans téléphone portable et que même ma mère, qui a dépassé les 80 ans, m’envoie des SMS.
Aujourd’hui, il est piquant de noter que les réseaux sociaux suscitent les mêmes débats passionnés. Espace de liberté moteur d’émancipation pour les uns, porte ouverte à la démagogie et aux fausses informations pour les autres, ces nouveaux moyens de communication sont loin de faire l’unanimité.
Là aussi, on constate un fossé immense entre ceux qui n’imaginent pas pouvoir s’en passer et ceux qui ne comprennent même pas leur utilité.

Un choc des cultures ?
Le Quai d’Orsay, à l’image du reste de la société française, n’échappe pas au phénomène. Mais le débat y prend une dimension probablement plus singulière en raison de la nature même de notre activité.
La diplomatie française s’articule en effet traditionnellement autour des notions de discrétion, de validation du langage public, de prudence, de mesure, de réflexion et de prise de hauteur, dans un cadre hiérarchique donné. La culture propre aux réseaux sociaux semble se situer, quant à elle, exactement à l’opposé. Basée sur l’absence de centre et de hiérarchie, elle valorise la transparence totale, l’immédiateté, la spontanéité, la prise de risque et la recherche de l’émotion.
Il en résulte que l’expression « diplomatie numérique » est perçue par certains collègues comme un oxymore par excellence.
Mais, contrairement à ce que l’on pourrait penser, le clivage n’est pas entre les jeunes et les plus anciens. J’en veux pour preuve le fait que le diplomate français actuellement le plus actif et le plus suivi sur Twitter est à quelques mois de la retraite et n’a certainement pas appris à lire sur un Iphone7.
La communication numérique, à l’instar de la jeunesse, correspond avant tout à un état d’esprit. Pour en tirer les plus larges bénéfices, il est nécessaire d’en accepter les codes et le langage, tels qu’ils sont, de la même manière qu’on le fait avec une langue et une culture étrangères lorsqu’on l’on prend ses fonctions dans un nouveau pays.

A bien y réfléchir, le clivage n’est donc pas aussi profond ou insurmontable qu’on pourrait le penser. Un esprit audacieux irait même jusqu’à dire qu’au contraire les qualités essentielles pour être un bon communicant numérique recoupent celles des représentants de la France à l’étranger. Les diplomates s’efforcent de saisir et restituer l’air du temps. Ils ont le sens de la formule. Tels M. Jourdain, ils rédigent depuis bien longtemps et souvent sans le savoir, des textes qui résument si bien une situation qu’ils tiendraient facilement en 140 caractères.

De nouvelles perspectives
En vérité, a-t-on vraiment le choix ? Peut-on vraiment abandonner le monopole de la parole à ceux qui pensent différemment ou qui nous sont hostiles ? La réponse est évidemment négative car, en communication numérique encore plus qu’ailleurs, les absents ont toujours tort.

De fait, au-delà des querelles picrocholines, les habitudes au Quai d’Orsay ont déjà changé. La plupart des diplomates français ont pleinement conscience du côté incontournable du phénomène. Même ceux de la génération Minitel ont pris l’habitude de suivre l’actualité sur Twitter, la quasi-totalité des représentations françaises à l’étranger sont maintenant présentes sur les réseaux sociaux et le compte officiel du Ministère @FranceDiplo avec plus d’un millions d’abonnés vient concurrencer les plus grandes stars françaises (pas pour le contenu bien sûr). Mêmes les ambassadeurs les moins connectés n’hésitent plus à citer un bon tweet comme on le fait d’un bon mot.

Les réseaux sociaux sont de moins en moins considérés comme un simple jeu pour adolescents désœuvrés. Ils sont de plus en plus perçus pour ce qu’ils sont aussi : l’expression numérique d’un besoin croissant et irrépressible des citoyens, partout dans le monde, d’être informés, de participer, de donner leur avis et d’être écoutés. C’est un fait, nos compatriotes aujourd’hui veulent savoir quelle action on mène en leur nom et veulent avoir leur mot à dire. Or, de notre côté, nous n’avons pas grand-chose à cacher et nous pouvons même être assez fiers de tout ce que nous faisons au quotidien pour la France et les Français à l’étranger.

De là à écrire que les réseaux sociaux sont un outil parfaitement adapté aux besoins du diplomate du diplomate du 21ème siècle qui a autant besoin d’écouter que d’être entendu, il y a un pas que d’aucuns pensent souhaitable de franchir, dans la mesure du possible, nonobstant l’absence, à ce stade, d’un consensus suffisamment élargi (pour reprendre une formule diplomatique certes traditionnelle, mais peu encore insuffisamment utilisée dans les messageries instantanées).

La France se situe aujourd’hui parmi les toutes premières diplomaties numériques du monde,
Présente sur les cinq continents (avec plus de 320 comptes animés par nos représentations à l’étranger) et sur près de 10 réseaux sociaux, la France est ainsi la première diplomatie en Europe en termes d’abonnés sur Facebook (1,5 M dont plus de 335 K en France) et sur Twitter (1,4 M dont plus d’1 million en France), devant les Britanniques et les Allemands. En arabe, notre compte twitter se situe à la deuxième place dans le monde, après celui des Américains, avec plus de 220 000 abonnés. En France, notre compte Twitter est le plus suivi de tous les comptes institutionnels avec plus de 1M de followers.
Le secret de ces bons résultats tient à quatre facteurs principaux
une politique spécifique de recrutement : le Quai d’Orsay s’est doté au fil du temps d’une équipe d’agents contractuels de très haut niveau issus de tous les milieux de la communication (community managers, éditorialistes, JRI, graphistes, vidéastes, photographes et développeurs professionnels)
Une politique de veille permanente sur les réseaux sociaux menée par une cellule dédiée afin de suivre les tendances de l’actualité et détecter les signaux faibles.

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