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« Genre et développement » : au sud (aussi), la femme est l’avenir de l’homme

Anne-Marie Descôtes - Quai d’Orsay, Paris, France - 7 mars 2014

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Autour de la question du genre et du développement se concentrent des enjeux essentiels pour la condition des femmes dans les pays du sud. J’ai eu l’occasion de m’en rendre compte depuis mon arrivée au ministère à la Direction Générale de la Mondialisation (DGM) et en particulier lors de la journée de réflexion organisée sur ce thème à l’OCDE le 21 janvier dernier.

Ces enjeux sont bien connus : la bataille pour l’égalité entre les femmes et les hommes, le respect effectif des droits en matière de santé sexuelle et reproductive, l’éradication de toutes les formes de violence… Depuis les grandes conférences des Nations unies des années 90, Le Caire en 1994, Pékin en 1995, il y a eu une prise de conscience collective au niveau international mais la situation reste très préoccupante dans bon nombre de pays. Et cela concerne tous les domaines : la sphère politique, le marché du travail, l’école, la santé, la sexualité, la maternité… L’inégalité est particulièrement scandaleuse dans l’accès à l’éducation : aujourd’hui 33 millions de filles ne sont toujours pas scolarisées. Et c’est d’autant plus préoccupant que la montée des conservatismes risque de remettre en cause des acquis déjà fragiles.

Mais il y a plus. Ce qu’on néglige encore très souvent, c’est que les questions de genre recèlent des enjeux importants pour le développement des pays du sud dans leur ensemble. Si les femmes ne bénéficient pas toujours des fruits du développement, à l’inverse les discriminations envers les femmes sont en elles-mêmes des freins au développement.

Sait-on par exemple que si les femmes avaient un accès égal aux ressources productives, elles produiraient 20 à 30 % de plus, soit suffisamment pour épargner 100 à 150 millions de personnes de la faim ? Qu’une année d’école primaire en plus augmente les revenus futurs des jeunes filles de 10 à 20 % ? Une jeune fille qui suit une scolarité se marie plus tard, a moins d’enfants, lesquels sont en meilleure santé et à leur tour mieux éduqués. Garantir la scolarisation des filles et leur maintien à l’école, c’est donc encourager un cercle vertueux vers plus de progrès social.
Les enjeux ne doivent donc pas être seulement appréhendés en termes de droits mais aussi en termes d’efficacité. C’est d’ailleurs l’un des points de la stratégie que nous avons adoptée il y quelques mois.

Remettre la question du genre au cœur du développement est donc un vrai défi et surtout un travail de longue haleine, qui relève de la culture du changement, et qui nécessite la mobilisation de tous. Nous y travaillons au ministère des Affaires étrangères car l’agenda international des deux prochaines années s’avère particulièrement chargé sur les questions de l’égalité femmes-hommes avec notamment le 20e anniversaire des deux conférences du Caire et de Pékin.
J’aurai certainement l’occasion d’y revenir.

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