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Hong Kong : un consulat atypique en Chine

Christian Ramage - Hong Kong - 4 juillet 2014

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Nombre de diplomates sont férus ou passionnés d’Histoire. Leur formation de base implique en effet une connaissance approfondie de l’histoire des relations internationales et beaucoup, lorsqu’ils étaient étudiants, avaient alors comme livres de chevet les pavés de Pierre Renouvin ou de Jean-Baptiste Duroselle consacrés à l’histoire diplomatique.

Photo d’archive intitulée "Hong Kong vu de ma chambre au club" (vers 1904-1905) | Photo : Archives du MAEDI

"Voir clair dans les événements passés"

Une des missions du diplomate, c’est d’essayer de comprendre le pays où il va partir en poste, sous tous ses aspects, économiques, politiques, sociaux, culturels, religieux, etc. Cet objectif passe par la connaissance de l’histoire de ce pays, qui va lui permettre de bâtir sa compréhension de son futur environnement. Pour le diplomate, la préparation à un départ en poste passe donc par la lecture de livres, d’articles de journaux, de notes ou de rapports décrivant tous les enjeux du pays où il va séjourner pour plusieurs années. L’étude de l’évolution, au cours des siècles ou des décennies passés, des relations entre la France et le pays où il va servir, constitue un autre élément-clé de réussite.

C’est pourquoi, en 2005, quand le ministère m’a confirmé mon affectation à Hong Kong, je me suis rendu dans cette véritable mine d’or qu’est la bibliothèque du Quai d’Orsay pour essayer d’y trouver tout ce qui s’y référait à Hong Kong, mais aussi aux relations diplomatiques entre la France et l’ex-colonie britannique.

Si les ouvrages sur Hong Kong abondaient, surtout en anglais, je n’avais cependant pas pu trouver de références sur l’histoire des relations diplomatiques entre Hong Kong et notre pays. En cela, la différence entre Hong Kong et les autres villes de Chine où la France et les diplomates français avaient été (ou sont toujours) présents, était flagrante !

En effet, Hong Kong ne semblait pas avoir intéressé les historiens, les chercheurs ou les universitaires, alors qu’ils ont écrit des milliers de pages sur les missions Lagrené ou Montigny au 19e siècle, sur les concessions françaises de Shanghai et de Canton, ou sur le consulat de France à Chengdu, dirigé un temps par le père de l’écrivain Lucien Bodard (qui l’a raconté dans son ouvrage Le Consul ).

Vue du port de Hong Kong en 1900 | Photo : Archives du MAEDI

Hong Kong ou la désaffection des historiens

Cette singularité, Hong Kong la doit à son statut. En effet, les ambassades, consulats, concessions ou légations que la France a ouverts au cours des siècles passés à Pékin, Shanghai, Canton, Chongqing, Fuzhou ou Longzhou, étaient tous des représentations officielles françaises dans l’Empire de Chine, en République de Chine à partir de 1911, ou en République populaire de Chine à partir de 1964, année de la reconnaissance officielle de la Chine communiste par la France. Ces postes diplomatiques et consulaires participaient ainsi à l’expansion de l’influence française en Chine, en particulier au 19e siècle, période d’intrusion des puissances occidentales en Asie et, à ce titre, ils ont capté l’intérêt des universitaires et des chercheurs.

Le consulat de France à Hong Kong en octobre 1971
Photo : Archives du MAEDI

Rien de tout cela pour Hong Kong ! Le consulat de France à Hong Kong a été en effet, de son ouverture à 1997, un consulat auprès d’une colonie de la Couronne britannique, puis il est devenu un consulat dans la Région Administrative Spéciale (RAS) de Hong Kong, à statut spécifique en Chine. Poste d’observation, de la Chine…ou des Anglais, et non poste d’affirmation de la présence française en Chine : cette particularité semble bien avoir causé la désaffection des historiens…

Avec appréhension, je me suis alors plongé dans les archives du ministère des Affaires étrangères mais aussi dans celles de la Marine, du ministère de la Défense, des Missions étrangères de Paris ou du gouvernement de Hong Kong, sans oublier des archives privées. J’essaierai de présenter prochainement ce que j’ai pu y trouver et je tenterai de montrer, à travers de futures "petites histoires diplomatiques", combien la richesse et la variété du métier de diplomate ont pu traverser les siècles.

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