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Les ambassadeurs thématiques ou la nouvelle frontière des enjeux internationaux

Marine de Carné - 4 mai 2015

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Il y a les ordinaires (si peu) et les extraordinaires (tous), les plénipotentiaires (un peu olympiens) et voilà les missionnaires (un peu scouts).

Un drôle de genre d’ambassadeurs, qui n’ont ni territoire–résidence–agrément–désagréments–déménagement, ni personnages étrangers à choyer, ni visite ministérielle à préparer…

Mais qui se personnifient à un thème, après être passés par les neuf vies de chat d’ambassade (comme moi), à changer d’occupation et de port d’attache tous les trois ans, bondissant de postes à l’étranger en postes à Paris, en « Centrale » : un beau jour ils se réincarnent dans un thème.

Le thème, telle est la question, ou plutôt le rôle de composition.

Les thèmes, un moyen d’apprivoiser les territoires non balisés

Les thèmes sont les plus divers. En égrenerla liste, c’est respirer l’air du temps, des priorités futures plutôt que passées car il faut être à la pointe du combat diplomatique.

Le rôle de ces missionnaires, c’est d’apprivoiser plus de monde. Il faut que chaque ambassadeur cultive son pays ou son thème comme le petit Prince sa rose.

Le rôle des missionnaires, c’est aller à la découverte des nouveaux mondes.

Comme l’écrivait Camoens à propos des grands navigateurs portugais partis faire le tour des mers connues et inconnues : « et s’il y avait encore plus de monde à découvrir, nous l’aurions découvert ».

Alors non seulement notre réseau s’étend sur la terre entière et couvre presque tous les pays du monde, mais il y a encore les pôles, par exemple, où il n’y a pas d’ambassade mais pour lesquels il y a un ambassadeur. Et on ne peut s’arrêter à la terre : il y a encore les mers et les airs à préserver C’est la nouvelle frontière des enjeux internationaux. Celle de notre survie et de la planète qui doit réunir tous les diplomates du monde entier. Donc le territoire, connu et balisé par les ambassadeurs géographiques, et puis la carte, le joker, les ambassadeurs thématiques, pour couvrir tout le reste.

Il n’y a pas de trou dans la raquette du Quai d’Orsay !

Des ambassadeurs pour les nouvelles frontières de la diplomatie

Dans la mondialisation, le pouvoir ne s’arrête pas aux frontières et aux souverainetés des Etats. Il faut gagner la bataille des idées, monde supérieur de Platon, maitriser ces nouveaux réseaux d’influence et les nouveaux acteurs.

C’est notamment ce qu’essaie de faire la RSE (responsabilité sociétale des entreprises), s’adressant désormais aux entreprises, dont la puissance économique de certaines est plus importante que la plupart des Etats, pour les faire participer à notre objectif d’un monde plus régulé et plus juste et les faire contribuer au développement durable de la planète dont elles sont aussi redevables.

Nous sommes le pays aux 300 fromages, il y a moins d’ambassadeurs malgré ceux qui portent aussi les couleurs régionales et de leurs produits, mais il en faut sur les nouvelles frontières de la diplomatie.

D’ailleurs, s’il n’y a malheureusement pas d’ambassadeur à la gastronomie, c’est que nous le sommes tous, surtout depuis que notre Ministre est monté sur ce front où nous ne manquons pas de munitions !

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