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Les gallinacées de Kaboul véritable compost vivant. En avant la COP21 !

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A mon arrivée en Afghanistan, j’avais eu la surprise de trouver, au fond du jardin de la résidence, un grand poulailler peuplé d’un coq et d’une demi-douzaine de poules.

Certes, il s’agit d’une histoire déjà ancienne : dans les années 30 déjà, les fenêtres du bureau de l’ambassadeur donnaient sur des volailles, disent les témoignages de l’époque. Bien sûr, le coq est un symbole bien gaulois et l’ambassade a par ailleurs une longue tradition animale : certains visiteurs afghans ne manquent pas de me rappeler que le jardin a abrité dans le passé des gazelles, des paons... J’étais néanmoins hésitant sur le maintien de cette basse-cour dont les nuisances sonores paraissaient évidentes pour leurs voisins humains. Si des oeufs frais sont toujours appréciables, le coq, c’est bien connu, est matinal et risquait de déranger le sommeil de nombreux agents logeant près du parc de l’Ambassade. Une fois rassuré sur ce point, j’ai maintenu le poulailler.

Plus récemment, nous avons décidé de relancer notre projet d’ambassade verte, qui s’inscrit dans le cadre plus large de l’administration exemplaire et bien entendu de la COP21, cette immense conférence internationale qui se tiendra bientôt en France sur le changement climatique. L’idée en est simple : il s’agit d’une part d’améliorer les conditions d’accueil pour nos visiteurs et d’autre part de réduire l’empreinte de l’ambassade en émissions de gaz à effet de serre tout en luttant contre le gaspillage. Les bénéfices attendus sont de nous comporter en citoyens écoresponsables du monde mais aussi, plus prosaïquement, de faire des économies.

Un comité de pilotage a donc été créé, qui comprend des membres de droit, car leurs fonctions les rendent indispensables, et tous ceux que ces questions intéressent. Amélioration de l’accueil pour les handicapés, installation de minuteurs et de panneaux solaires, développement du tri sélectif, mise au point d’une Charte environnementale pour les agents, végétalisation....les idées n’ont pas manqué, y compris celle de faire du compost.

Mais, outre le compost, une autre suggestion a surgi qui permettrait elle aussi de réduire le gaspillage : recycler les restes des repas au profit de nos poules pondeuses très gourmandes et friandes (jusqu’à 150 Kg par an et par gallinacée tout de même) de presque tout qu’on peut trouver dans nos poubelles de cuisine (épluchures de légumes, restes de riz, de pâtes, carcasses de crevettes et même les restes de viande !). En effet, les agents ne peuvent pas prendre leurs repas à l’extérieur, pour des raisons de sécurité. Avec l’aide du Ministère, le « Paris-Kaboul Club » a donc été créé où plus de cinquante repas sont servis à l’heure du déjeuner, sans compter bien sûr les repas organisés à la résidence. Selon les calculs des spécialistes environnementaux, près du tiers des déchets que nous produisons sont d’origine animale ou végétale. Or, les volailles partagent avec l’être humain la particularité d’être omnivores.

Et voilà les poules de Kaboul au service de la lutte contre le changement climatique...

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